Données générales sur Cuba :

Nom officiel : République de Cuba
Nature du régime : régime socialiste à parti unique
Chef de l’Etat : Raúl Castro, Président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, Premier secrétaire du Parti communiste cubain (PCC).

Données géographiques

Superficie : 106 449 km2
Capitale : La Havane (2 121 000 hab.)
Villes principales : Santiago de Cuba, Las Tunas, Bayamo, Villa Clara, Holguín, Camagüey
Langue officielle : espagnol
Monnaies : Peso cubain et peso convertible (parité fixe par rapport au dollar. Taux de change officiel : 24 CUP (Peso non-convertible) = 1CUC (Peso convertible) = 1,00 US$ = 0,89 €.
Fête nationale : 1er janvier (anniversaire de la révolution de 1959).

 

Données démographiques

Population : 11 390 000 habitants (Banque mondiale, 2015)
Densité : 107 hab./km2
Croissance démographique : désormais négative, à -0,06 ‰. Cette décroissance s’accompagne d’un vieillissement préoccupant de la population.
Espérance de vie : 79,4 ans
Taux d’alphabétisation : 99,8 %
Religion (s) : catholique (10 % de la population se déclare croyante, 3 % pratiquante), santera (cultes afro-caribéens)
Indice de développement humain : 0,77 (67e rang mondial PNUD, 2014)

 

Données économiques

PIB (2013) : 77 Mds US$ (Banque mondiale)
PIB par habitant : 6 789 US$ (Banque mondiale) 
Taux de croissance : +4 % en 2015
Taux de chômage (2008) : 1,6 % (OIT)
Taux d’inflation (pas de statistiques fiables) : de l’ordre de 5 % du PIB
Solde budgétaire (2015) : - 4,2 % du PIB 
Balance commerciale (2015) : + 3,4 Mds USD
Principaux clients : Venezuela, Canada, Pays-Bas, Chine, 
Principaux fournisseurs : Venezuela, Chine, Espagne, Brésil, Mexique, Canada, Italie, Allemagne

Exportations de la France vers Cuba : 147 M€ en 2015 (180 M€ en 2014), principalement de produits agricoles et alimentaires (38,7 %). 75 736 000 euros pour les 6 premiers mois de 2016 (DGT).
Importations françaises depuis Cuba : 25,5 M€ en 2015 (23 M€ en 2014). 15 335 000 euros pour les 6 premiers mois de 2016 
Communauté française à Cuba : 835 inscrits au 29 février 2016.
Communauté cubaine en France : 2 800 personnes environ.

 

Politique intérieure

Raúl CASTRO a commencé le 24 février 2013 un second mandat de cinq ans à la tête des conseils d’Etat et des ministres de la République de Cuba. Plusieurs réformes politiques ont été mises en œuvre, notamment la simplification des conditions de sortie du territoire des citoyens cubains (et de leur retour). L’opposition n’est pas reconnue dans un système de parti unique, mais quelques secteurs de la société civile (Eglise catholique, blogueurs) parviennent à faire entendre leur voix.

Les élections des délégués aux assemblées communales et provinciales ont été suivies de l’élection d’une moitié des 612 députés à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire (ANPP) le 3 février 2013, l’autre moitié étant désignée par les organisations de masse. Fidel, Raúl et sa fille Mariela CASTRO, militante de la cause LGBT, ont été élus. M. Esteban Lazo a succédé à M. Ricardo Alarcón à la présidence de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Miguel Díaz-Canel, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, a été promu au poste de Premier Vice-président des Conseils d’Etat et des ministres, c’est-à-dire n°2 du régime.

Le VIIème Congrès du parti communiste de Cuba, du 16 au 19 avril 2016, a permis au Président Raul Castro de dresser le bilan des réformes économiques depuis 2011 (date du dernier congrès) et de définir les prochaines étapes (nouvelles mesures économiques, annonce d’une réforme de la Constitution) et de renouveler en partie le Comité Central (147 membres) et son Bureau Politique (17 membres).
 

Situation économique

La fin des années 2000 a ouvert une période difficile pour le pays, après la « période spéciale » des années 1990. Cuba a été frappé par trois ouragans dévastateurs en 2008 (Gustav, Ike, Paloma) qui ont provoqué des pertes estimées à 10 Mds de US$. La crise financière internationale s’est faite sentir avec la chute des cours du nickel. Très dépendant de ses importations dans les domaines énergétique et alimentaire, le pays fait face à de graves difficultés de solvabilité et de liquidités. Des prêts consentis par la Chine, le Brésil et le Vénézuéla ont permis une reprise en 2010, avec un taux de croissance du PIB en augmentation : dans les cinq dernières années, la croissance moyenne s’est établie à +2,5 %, avec +2,7 % en 2014 et 4,2 % en 2015. Cependant, la croissance cubaine a subi au 1er semestre 2016 le contrecoup des crises vénézuélienne et brésilienne (croissance de 1%, alors qu’une croissance de 2,5% était attendue). 
Les principaux investisseurs étrangers (Espagne, Canada, Vénézuéla, Italie, France, Brésil), opèrent à Cuba conjointement avec des entreprises d’Etat. Dans le cas du Vénézuéla, il s’agit d’investissements dans les domaines stratégiques de l’exploitation des hydrocarbures et des mines. La Chine, avec un projet d’industrie pétrochimique de 6,5 Mds US$ et une aide financière substantielle, est devenue le 2ème partenaire commercial de Cuba.

Les cessions de biens immobiliers sont désormais légales, tout comme celles de véhicules d’occasion (les importations de véhicules neufs sont limitées par un tarif douanier exorbitant). Depuis 2009, les autorités ont cédé en usufruit un million et demi d’hectares à environ 150 000 particuliers. Ces néo-agriculteurs sont autorisés à vendre des produits frais le long des routes comme dans les marchés urbains, et encouragés à passer des contrats d’approvisionnement avec les complexes touristiques.
 

Politique extérieure

L’Amérique latine et Cuba

Cuba bénéficie de sympathies dans diverses régions du monde et notamment en Amérique latine, où l’île peut compter sur l’appui du Vénézuéla et la solidarité politique des membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Caracas soutient activement l’économie cubaine en livrant à l’île des hydrocarbures à des conditions de paiement très préférentielles, notamment dans le cadre du programme PETROCARIBE.

Le 3 juin 2009, l’Organisation des Etats américains (OEA) réunie au Honduras, a approuvé le principe de la réintégration de l’île, dont la participation à l’organisation hémisphérique avait été suspendue en 1962. Le gouvernement cubain a pourtant refusé de rejoindre cette organisation, privilégiant la Communauté des Etats Latino-Américains et Caraïbes (CELAC), que Cuba a présidée de janvier 2013 à janvier 2014. Dans le cadre de cette présidence pro-tempore de la CELAC, le sommet organisé à La Havane, en janvier 2014, a réuni 30 des 33 chefs d’Etat et de gouvenrement d’Amérique latine et des Caraïbes. La présidence cubaine de la CELAC a été considérée comme pragmatique et ouverte au dialogue dans une enceinte comprenant 33 pays aux profils très différents. Les dirigeants latino-américains ont exigé la présence de Cuba au dernier Sommet des Amériques, qui s’est tenu les 10 et 11 avril 2015 à Panama ; l’entretien entre les Présidents Obama et Castro en a été l’un des moments clés.

La Havane héberge en outre actuellement des sessions de négociation de paix entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC.
Au-delà de l’Amérique latine, Cuba entretient des liens économiques et de coopération politique avec la Chine (deuxième partenaire commercial après le Vénézuéla), le Canada, le Vietnam et l’Algérie. Après une période d’éloignement, Cuba s’est rapproché de la Russie. Le Président Raúl Castro s’est rendu successivement en juillet 2012 à Pékin, à Hanoï et à Moscou. Il a reçu à La Havane les Présidents Vladimir Poutine et Xi LinPing en juillet 2014. Il a en outre participé au sommet UE-CELAC à Bruxelles à Santiago du Chili en janvier 2013, et a représenté Cuba, présent pour la 1ère fois, au sommet des Amériques à Panama en avril 2015.

 

L’Europe et Cuba

Les relations entre l’Union européenne et Cuba se définissaient jusqu’ici en référence à la « Position commune » adoptée en 1996.

Lors de la vague de répression de 2003, l’Union européenne avait pris des mesures restrictives (limitation des visites gouvernementales, invitation des dissidents aux fêtes nationales) suspendues en 2005, sans être abrogées. En réaction, les autorités cubaines avaient gelé la coopération avec les gouvernements des Etats membres et avec la Commission. Le 23 juin 2008, l’Union européenne a décidé d’ouvrir un dialogue politique avec Cuba, sans préalable, portant sur tous les sujets d’intérêt commun, y compris les droits de l’Homme. Mme Ashton a obtenu du Conseil des Affaires étrangères du 19 novembre 2012 le mandat d’étudier les modalités d’un accord entre l’UE et Cuba. Les Etats-Membres ont adopté un mandat de négociation en février 2014, et les discussions ont pu commencer à La Havane en avril de la même année. Les négociations se sont conclues le 11 mars 2016 à La Havane à l’occasion de la visite de Mme Federica Mogherini, qui a paraphé l’accord de dialogue politique et de coopération entre l’UE et Cuba.

Pour la période 2014-2020, le Programme indicatif pluriannuel pour Cuba prévoit une enveloppe de 50 millions d’euros, pour des projets de coopération dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de l’environnement et de l’adaptation au changement climatique, ainsi qu’en faveur du renforcement institutionnel. Des initiatives dans le domaine de la culture pourraient être financées par des fonds additionnels provenant des lignes thématiques de l’Instrument de financement de la Coopération au Développement (ICD), pour un montant de 5 millions d’euros environ.

L’Union européenne est le premier partenaire commercial de La Havane (22 % des échanges commerciaux cubains, 1er rang pour les importations cubaines, 2e rang pour les exportations).

Les Etats-Unis et Cuba

Les Présidents Barack Obama et Raúl Castro ont annoncé le 17 décembre 2014 leur volonté d’engager un processus de normalisation des relations entre Washington et La Havane. Un échange de prisonniers, qui a été conduit avec la médiation du Vatican, a ouvert la voie à cette évolution historique. L’administration Obama a ensuite retiré Cuba de la liste des Etats soutenant le terrorisme et adopté des mesures successives d’assouplissement de certaines dispositions de l’embargo. Le 20 juillet 2015, l’ambassade cubaine à Washington et l’ambassade américaine à La Havane ont été rouvertes. Le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a effectué une visite officielle à Cuba le 14 août 2015 où il a hissé le drapeau américain à l’ambassade à La Havane. Cette visite a précédé le déplacement du Président Barack Obama à La Havane, du 20 au 22 mars, qui a été le point culminant du rapprochement entre ces deux pays.

Les quatre vagues d’allègement de l’embargo américain sont entrées en vigueur en janvier et septembre 2015, puis en janvier et mars 2016. Ces allègements progressifs visent à faciliter les séjours de ressortissants américains à Cuba, les transferts de fonds des migrants, à encourager le développement du secteur privé cubain (autorisation d’exporter depuis les Etats-Unis vers Cuba des matériaux et équipements dans les secteurs de la construction et de l’agriculture) et à permettre à des entreprises de négocier des partenariats avec des entreprises cubaines. Il n’en reste pas moins que l’embargo lui-même reste en vigueur : seul le Congrès, à majorité républicaine, est en mesure de l’abroger.
A l’occasion de chaque Assemblée générale des Nations unies, la France, comme l’ensemble de l’Union européenne, vote depuis 1991 en faveur du projet de résolution cubain condamnant l’embargo américain (en 2015, ce projet a recueilli l’unanimité des votes moins deux voix : celles des Etats-Unis et d’Israël).